Auteur/autrice : Louis Louis

RÉALITÉ VIRTUELLE : BIENTÔT NOTRE RÉALITÉ

  • Un futur à nos portes
  • Un pratique déjà répandue
  • Une outil de divertissement mais aussi de santé et de perfectionnement

 

En 2011 Ernest Cline publiait son roman Ready Player One adapté depuis au cinéma par Steven Spielberg en 2018. L’intrigue futuriste se déroule en 2045, la Terre est en proie à une multitude de crises et l’humanité trouve refuge dans la réalité virtuelle. Un monde appelé l’Oasis permet aux « joueurs » de fuir leur réalité et de venir vivre une nouvelle vie. Chaque foyer dispose d’un casque de réalité virtuelle et de dispositifs dits haptiques que sont des gants, des combinaisons ou encore un tapis de course multidirectionnel.

Il y a quelques années le principe de jouer ou faire du sport avec de tels équipements nous aurait semblé insensé. Pourtant pas la peine d’attendre 2045, l’offre est déjà belle est bien présente et en masse, on peut facilement se procurer un tapis de réalité virtuel auprès de 12 marques différentes et cela sans mentionner tous les autres simulateurs existants.

Il devient ainsi aisé de se fabriquer sa propre salle de jeu ou de sport virtuels. Comment le sport peut-il tirer profit de cette nouvelle technologie ?

 

En réalité, le virtuel ouvre la voie vers plus de sport. A San Francisco en 2019, Black Box avait ouvert la première salle de sport en réalité virtuelle, mais l’avenir semble se situer dans le salon de chacun. Cet été pendant le Tour de France, vous avez pu apercevoir une publicité pour un vélo d’appartement immersif vous permettant de concourir en ligne depuis chez vous.

La technologie permet déjà aux sportifs d’améliorer leurs entrainements à l’image des simulateurs pour les pilotes de Formule 1. Mais la réalité virtuelle va permettre une immersion toujours plus importante et ouvrir le sport à des publics nouveaux notamment via l’Esport. Autre effet, cela va permettre aux fans de pouvoir se mesurer à leurs idoles et de partager des séances de sport à distance avec leurs amis ou famille. Vous pourrez essayer de retourner un service de Roger Federer, rivaliser avec Tadej Pogačar, ou voir Usain Bolt franchir la ligne depuis le couloir voisin.

Le suivi de l’entrainement et des performances sera encore plus complet, de plus, la réalité virtuelle a l’avantage de pouvoir modeler à son bon désir le champ visuel et transformer les perceptions. Son potentiel semble ainsi quasiment infini et en fait un marché sur lequel se déjà battent de nombreuses entreprises.

Une révolution pour les coachs et les athlètes eux-mêmes. Grâce à la réalité virtuelle, l’entraîneur peut non seulement coacher son athlète en étant à l’autre bout de la planète, mais aussi lui faire travailler certains mouvements et certaines compétences en les isolant des variables traditionnelles rencontrées sur un terrain.

Au-delà du jeu, il deviendra possible d’assister à des événements depuis chez-soi avec une billetterie virtuelle mise en concurrence avec la billetterie physique. Chacun pourra choisir sa place en tribune présidentielle pour la finale de la Coupe du Monde ou de voir Post Malone ou Eminem au pied de la scène.

L’utilisation pour la santé est également à mettre en avant. La découverte des bases neurales de la stimulation, grâce à des techniques d’imagerie cérébrale, a montré que l’être humain activait les mêmes zones du cerveau lorsqu’il exécute réellement une action et lorsqu’il la stimule mentalement. Il existe désormais des thérapies par réalité virtuelles pour traiter des troubles spécifiques, mais il en existe également pour lutter contre la sédentarité et notamment dans les maisons de retraite.
Alors êtes-vous prêt pour le grand saut dans la réalité virtuelle ou préférez vous les méthodes de sport classiques ?

PLAIDOYER POUR UN SPORT CONSCIENT ET ENGAGÉ

  • Les sportifs ne sont pas des hommes politiques
  • Un sport de plus en plus politisé
  • Une exposition grandissante
  • La liberté d’expression comme fondement de la démocratie

Le sport doit-il revêtir un aspect politique ? Cette question s’est posée la semaine dernière lorsque la Ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques a déclaré à propos de la Coupe du Monde de Football au Qatar que “les joueurs de l’équipe de France de foot ne sont pas des hommes politiques, ils sont là pour jouer“.

En effet, pourquoi le sport devrait-il s’exposer ainsi sur des sujets aussi difficiles et hors de ses compétences ? Ce ne sont que des jeux, régis par des règles.
Pierre de Coubertin voulait que les Jeux olympiques soient “privés de toute ingérence politique“, et en effet, la règle 50.2 de la Charte Olympique stipule “qu’aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique“.

Pourtant le sport n’a pas attendu les scandales liés au Qatar pour sortir de son champs d’action. Nous n’allons pas ici nous épancher sur toutes les actions politiques entreprises à travers l’Histoire du sport car ces dernières années illustrent parfaitement la force et la place que tient le sport dans la société.
Le mouvement olympique est déjà en lui-même un mouvement politique. Il promeut la vision d’un monde meilleur par le sport, un idéal, celui de la “communauté olympique” pour un même socle de valeurs et de croyances. C’était déjà le cas lors des Jeux Antiques qui prévoyaient une trêve dans le monde Grec pour la durée des compétitions.

Colin Kaepernick, Megan Rapinoe, les genoux à terre pour George Floyd, la Russie exclue des compétitions internationales, ou la semaine dernière le Danemark via Hummel, récemment on ne compte plus les initiatives et décisions motivées par d’autres raisons que le terrain sportif.

Dans son ensemble le sport a depuis longtemps quitté le statut de simple activité physique, car il est justement à la croisée de tous les sujets de société. Nous parlons ici de politique, mais le sport touche aussi la santé, l’emploi, le divertissement, la culture, l’environnement, la technologie, l’économie, etc.

Les compétitions sportives, et en particulier les Jeux Olympiques, reflètent la réalité du monde et constituent un microcosme des relations internationales. Le sport s’est transformé au fil du temps pour devenir un reflet de la société et de ses structures. Cette activité qui couronne les meilleurs, est la seule capable de mobiliser en direct plusieurs centaines de millions de spectateurs et téléspectateurs à travers le monde et plusieurs fois par an. De telles audiences et de tels engouements en ont fait un produit idéal pour les promoteurs, les sponsors et les média. L’exposition qui en découle lui a, de fait, accordé ce caractère politique.

La semaine dernière nous apprenions que suite à la mort de l’Iranienne Mahsa Amini et des manifestations en cours en Iran, l’équipe de Football Iranienne avait dissimulé son maillot lors de l’hymne national pour apporter son soutien au peuple Iranien. Une autre illustration de l’extraordinaire écho que le sport peut donner aux prises de positions.

Qu’entendre alors par “les sportifs ne sont pas des hommes politiques” ? Que doit-on attendre d’eux ? Des médailles, des victoires, qu’il nous fasse vibrer, et c’est tout ?

Ils sont pourtant des citoyens comme les autres, la liberté d’expression est un fondement de nos démocraties, alors de quel droit les sportifs seraient-ils privés d’expression politique ?

DOPAGE : DEPUIS QUAND C’EST DE LA TRICHE ?

Retour sur l’histoire du dopage
► La performance comme moteur humain

► L’organisation de la lutte antidopage
► Le sportif un être voué à l’exemplarité

Avec les progrès technologiques en science ou en médecine, l’être humain est de plus en plus capable d’améliorer ses performances. Cela passe par de nouvelles méthodes d’entraînements, de nouveaux outils, un changement d’alimentation et plus globalement une révolution du quotidien et de l’hygiène de vie.

Il est dans la nature de l’Homme de vouloir améliorer ses qualités, ses compétences, de se mettre en compétition. Le sport n’est que l’expression la plus spontanée de cette course à la performance dans laquelle l’Homme s’est engagé.

La trace la plus ancienne de dopage que l’on puisse retrouver se trouve en Grèce Antique, au VIème siècle av. JC. Les athlètes en fonction de leurs disciplines ne mangeaient plus que de la viande à quelques jours des épreuves. Quand bien même la bande dessinée Astérix aux Jeux Olympiques narrait la disqualification des Romains pour dopage, il s’agit là d’un anachronisme. En effet, il était à cette époque impossible technologiquement de débusquer les tricheurs, alors même que la société ne condamnait pas les usages faits de divers produits. L’usage de substances était monnaie courante au même titre qu’aujourd’hui les sportifs utilisent les boissons énergisantes, les poudres protéinées ou encore les compléments alimentaires.

La donne a radicalement changé depuis qu’il est devenu possible de dépister les sportifs afin de trouver dans leur organisme des produits interdits. A moins que l’intérêt des organisations sportives pour la santé des athlètes à moyen et long terme n’ait entraîné la création d’interdits ?

Le début du XXe siècle marque un tournant dans la pratique du dopage. Le sport acquiert une importance sociale, culturelle et économique :  la couverture médiatique des événements devient mondiale, la course au record est enclenchée et, de fait, les enjeux financiers prennent de l’ampleur. Un autre cap est passé lorsque le sport prend une dimension politique. Les Etats vont utiliser leurs sportifs comme moyen de rayonnement et outils de communication.
Ce sont ces phénomènes qui vont faire exploser les pratiques dopantes et ce à l’échelle mondiale. Qui blâmer alors qu’il n’existe aucune règlementation ou institution anti-dopage ?

Au sein même des sportifs, la pratique du dopage est quasiment unanime. La société ne condamne pas les usages de produits, elle n’en a pratiquement pas connaissance. Le sport n’est encore pour beaucoup de suiveur qu’un divertissement. Mais pour les acteurs les enjeux ont déjà largement dépassé le cadre du divertissement.

Pourtant les fédérations sportives ont conscience du phénomène et certaines ont tenté d’agir. En 1928 la Fédération internationale d’athlétisme amateur (IAAF) décida de prohiber le dopage. Mais aucun test antidopage n’est assez efficace pour soutenir cet interdit.
En 1960, la mort du cycliste danois Knud Enemark Jensen aux Jeux Olympiques va agir comme un premier électrochoc. Des traces de médicaments à but dopants sont retrouvées dans son corps.
En 1965 la France et son voisin belge sont les premiers pays à réagir et légiférer sur le sujet. La loi Herzog énonce : « Quiconque aura en vue ou au cours d’une compétition sportive, utilisé sciemment l’une des substances déterminées par le règlement d’administration publique, qui sont destinées à accroître artificiellement et passagèrement ses possibilités physiques et sont susceptibles de nuire à sa santé ».

Des contrôles antidopage voient le jour, notamment au Tour de France. Un coureur, Tom Simpson avoue et assume sa pratique du dopage, mais lorsqu’il meurt sur une étape au Mont Ventoux en 1967, et que son autopsie révèle une quantité certaine d’amphétamine et de méthylamphétamine dans son organisme, la « guerre contre le dopage » prend réellement son départ.

Le Comité International Olympique (CIO) établi une première liste des produits prohibés et, aux Jeux Olympiques de Grenoble et Mexico en 1968, plusieurs tests de dépistages sont organisés. Le dopage est désormais interdit.

 

Les organismes sportifs sont en guerre contre le dopage depuis plusieurs décennies, mais l’opinion publique y est assez indifférente. Pourtant, en 1989, le mur de Berlin s’effondre et révèle au monde entier l’existence du dopage d’Etat qu’organisait l’Allemagne de l’Est. La prise de conscience est planétaire.

En 1999, quelques mois après la grande affaire cycliste Festina,  le CIO organise une Conférence mondiale sur le dopage à Lausanne qui aboutit à la création de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA).
L’AMA est financée à 50% par les gouvernements et à 50% par le Mouvement Olympique. Son rôle sera d’organiser la lutte et la sensibilisation contre le dopage dans le monde entier.

Le dopage organisé a alors énormément d’avance sur les organismes de lutte. Les nouvelles technologies aident à dépister, mais dans le même temps, les tricheurs profitent aussi des évolutions pour masquer leurs agissements (transfusions sanguines, manipulations génétiques ou biologiques, etc). L’AMA, les fédérations sportives et les Etats tentent de sensibiliser les sportifs car le dopage  revêt plusieurs risques :

  • Pour la santé du sportif en raison des substances utilisées en excès et simultanément en comparaison aux usages thérapeutiques.
  • Pour la société : l’idée que la transgression de règles permet le succès personnel, financier ou professionnel est inacceptable pour toute société de droit. Le message transmis à la jeunesse et pour son éducation est destructeur.

L’AMA se dote d’un code mondial antidopage qui veille à l’harmonisation, à la coordination et à l’efficacité des programmes antidopage internationaux et nationaux en matière de détection, de dissuasion et de prévention du dopage. Ce code fonctionne avec  8 « standards internationaux » qui organisent la lutte avec la liste des interdictions, les contrôles et enquêtes, les laboratoires (c’est ce standard qui énonce les exigences auxquelles les laboratoires accrédités doivent se soumettre. Ce sont ces exigences qui n’ont pas été respectées par les laboratoires de Moscou et Sotchi et qui sont aujourd’hui à l’origine de la suspension de la Russie des compétitions internationales), les autorisations d’usage à des fins thérapeutiques, etc.

L’AMA délègue ses compétences dans chaque pays à une institution. En France, il s’agit de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD). Aujourd’hui, tout sportif licencié peut faire l’objet d’un contrôle antidopage, et s’expose à des sanctions en cas de test positif.

Dans l’opinion publique, il arrive régulièrement d’entendre certains plaider pour autoriser des produits. Le sport serait-il le seul domaine dans lequel le dopage est pourchassé ? Le cannabis et la cocaïne n’apportent aucun avantage à un sportif, et pourtant leur consommation est interdite.

Le sportif, ce héros des temps modernes, est-il alors plus qu’un simple athlète ? Il doit, en plus d’être performant, être exemplaire dans toutes les facettes de sa vie !

De plus, la lutte a toujours eu du retard par rapport au dopage. En témoigne l’affaire du laboratoire Balco en 2003, qui avait fabriqué un nouveau produit indétectable lors des contrôles et dont ont profité de nombreux sportifs américains.
Ce procédé sera sans aucun doute réutilisé par d’autres laboratoires, dans d’autres pays. Faut-il alors accepter que les sanctions ne tombent qu’à posteriori ? La peur d’être pris est-elle suffisante pour mener la lutte ?

TECHNOLOGIE ET INNOVATION : QUELLES LIMITES ?

La technologie au service du sport
La révolution numérique comme catalyseur de performance

Le sport est devenu un spectacle. Il gravite autour du sport une multitude d’acteurs extérieurs au jeu lui-même. La puissance du marché du sport a développé son professionnalisme mais en a aussi encouragé la recherche technologique. La technologie est venue s’insérer dans toutes les strates du sport, au niveau amateur comme professionnel et en a révolutionné la pratique au fil des siècles et des années. Ces révolutions ont parfois dépassé les limites imaginées par les sports et leur règlements ont de fait dû évoluer.

A ce titre la Formule 1, élite du sport mécanique, est la pionnière dans le domaine de l’évolution technologique et de l’innovation. Les pilotes sont de plus en plus entourés par de nouveaux outils, et ils peuvent maintenant préparer leurs courses au volant de simulateurs au réalisme poussé.

La santé est également un vecteur principal de l’innovation. Les casques et protections ont amélioré la sécurité des sportifs alors que ceux-ci cherchent toujours plus à atteindre leurs limites. A ce titre les chaussures Nike Zoom Fly de Kipchoge ont beaucoup fait parler d’elle. Premier vainqueur d’un marathon en moins de deux heures à Vienne en 2019, Eliud Kipchoge a fait tomber une barrière que les scientifiques pensaient impossible à atteindre avant 10-15ans.

Cette même technologie sert aussi au handisport. Oscar Pistorius est l’exemple parfait pour illustrer cela. Né sans péronés, il est amputé sous les genoux à l’âge de onze mois. Passionné de sport il est rapidement équipé de prothèses et une fois adulte il performe en athlétisme handisport et est capable de concourir avec des valides. Il participe même aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 avec les valides. Oscar Pistorius n’est pas le premier sportif handicapé à le faire mais il est la figure la plus populaire, celle qui donne de l’espoir aux personnes à mobilité réduite et qui montre qu’avec la technologie, tout devient possible. Certes, ses prothèses ont un coût estimé à plus de 20 000€ et son origine sociale lui a permis de s’équiper du meilleur matériel mais il a fait tomber une barrière que l’on pensait infranchissable aux yeux du grand public.
De nombreuses nouveautés matérielles ont fait évoluer les disciplines sportives avec par exemple l’arrivée de la fibre de verre pour le saut à la perche ou l’apparition de mousses synthétiques sur les sautoirs qui ont encouragé la prise de risques pour de nouvelles figures acrobatiques.

De manière globale, il s’agit en réalité d’accepter que la technologie, la production humaine, ouvrent constamment de nouveaux horizons de performance.

Aujourd’hui, l’interaction sport-numérique est réelle : la technologie au service de la performance, les capteurs, le stade connecté ou l’e-sport font partie intégrante des pratiques du sport. Chaque appareil technologique accessible au grand public a été utilisé voire dessiné pour un sportif. L’utilisation de ces objets connectés est pour le moment interdit ou limité selon les sports mais toutes les règlementations ont vocation à évoluer. Tous ont à y gagner, du sportif lui-même au supporter et sa fan experience jusqu’aux diffuseurs, aux médias et bien sûr aux marques.

Si le plaidoyer pour les technologies est évident, rien ne pourra remplacer le talent et le mental du sportif, l’intelligence de son entraîneur et les longues heures d’entraînement pour arriver à son but final, la victoire. La technologie agit comme un véritable catalyseur de la performance, un bonus qui permet à des athlètes accomplis de toujours plus progresser.

A l’heure où beaucoup de nos limites et excès dans de nombreux domaines ne pourraient être surmontés que par le progrès technique, pourquoi le sport échapperait-il à cette perspective ?
Le sport automobile, à l’image de la Formule 1 et des 24 Heures du Mans, montre la voie en termes d’innovation. Et ces innovations, si elles servent les intérêts des écuries, servent également à améliorer la fiabilité des voitures ou leur autonomie en carburant/électricité. Les pistes de Formule 1 deviennent donc les laboratoires ultimes pour les constructeurs de voitures à usage de la société.

Il devrait en être de même pour tous les sports … à conditions que les règles du jeu soient les même pour tous, sinon gare au dopage technique !

LE FAN AU CŒUR DU SHOW

Un fan défie un sprinteur à la mi-temps des matchs des Braves, à Atlanta
► Avec la MLB Film Room, le fan devient ambassadeur des franchises de baseball

Des tribunes vides. Des stades qui sonnent creux. Les staffs qui brisent ce calme relatif, s’époumonant souvent, vociférant parfois… jusqu’à laisser voler des noms d’oiseaux que les téléspectateurs perçoivent de leur côté de l’écran. C’est l’évidence : la période COVID a rappelé à tout l’écosystème à quel point le fan était fondamental pour le spectacle sportif.

Si les supporters à distance sont essentiels à la réussite financière et sociale d’un stade, en fin de compte, c’est l’atmosphère qu’ils créent les jours de match qui fait l’attrait des stades”, confirme Chris Dite, d’Arup Sport Venue Design Team, qui a participé à la création de l’Allianz Arena de Munich. C’est d’ailleurs ce qui a poussé Yamaha à tester, au Japon, un système permettant aux fans à distance de se faire entendre dans le stade comme s’ils y étaient… Un moyen comme un autre pour contrer les huis-clos !

Les tifos, les fumigènes, les chants des supporters sont autant de sons et d’images que les diffuseurs exploitent pour la promotion du show. Mais bien d’autres animations contribuent à l’atmosphère du “matchday”,. Et participent à la permanence du spectacle à l’issue de l’événement.

Les fameuses fans cams se sont ainsi démocratisées : ce sont les kiss cams américaines, à l’origine d’images souvent cocasses, toujours très partagées sur les réseaux sociaux. Ou les 15 Seconds of Fame, qui permettent de retrouver son éventuel passage télé – avec sa réaction à une action marquante, par exemple – lorsqu’on assiste à un match en tribunes. De “l’or social“, selon le co-fondateur de l’application, Adam Resnick. Ces séquences se partageant très facilement sur les réseaux.

Un bon moyen d’engager le fan – jusqu’à en faire l’attraction même pour la durée d’une mi-temps ? Dans l’Hexagone, les clubs de foot, de rugby, de handball sont très friands des “cross bar challenges”, offrant une récompense au fan qui toucherait la transversale ou la barre de l’en-but.

Aux Etats-Unis, les acteurs du sport sont toujours plus inventifs… Les Braves d’Atlanta, une franchise de MLB, ont engagé un sprinteur qui se transforme en “Freeze” à la mi-temps. Un personnage affublé d’une combinaison bleue arctique et de lunettes de ski. L’objectif du fan tiré au sort ? Le battre au sprint, en bénéficiant d’un peu d’avance. Depuis 2017, les meilleurs Beat the Freeze génèrent des millions de vues sur YouTube !

Et oui, si le fan joue un rôle essentiel au stade pendant l’événement, c’est aussi de retour chez lui qu’il contribue à son succès. En consommant ces séquences sur les réseaux. En les partageant… et en produisant son propre contenu ! C’est ce qu’a bien compris la Ligue Majeure de Baseball justement. Et ce qui l’a poussée à mettre en place sa MLB Film Room.

MLB Film Room est une banque de 3,5 millions de vidéos mise à disposition des fans et des journalistes. Tous les lancers depuis 2017 y sont référencés. De même que des images remontant jusqu’à 1929. Chacun peut piocher ce qui l’intéresse. Et créer ses propres vidéos, son propre contenu à partager sur les réseaux.

Le fan devient ambassadeur d’un spectacle dont il est aussi acteur… Jusqu’à influer sur l’événement lui-même, comme avec le FANBOOST des courses de Formule E, octroyant un coup de puissance supplémentaire aux pilotes préférés ?

UN PETIT ÉCRAN QUI DEVIENT GRAND

Bob l’Éponge surprend les jeunes fans de NHL sur Nickelodeon
France TV délocalise Stade 2 dans le métaverse

Quel serait “le média idéal pour donner vie à l’expérience complète du fan de sport” ?

Il n’y a pas si longtemps, la réponse à cette question aurait été simple… Le fan comptait alors sur les pages de son quotidien papier favori et sur sa télévision. Partagé entre son décodeur Canal+ et la voix de Jean-Michel Larqué lors des grandes soirées Ligue des Champions sur TF1.

Aujourd’hui, tout a changé. Il existe de plus en plus de canaux. Et ce faisant, de plus en plus de façons de raconter le sport : les GAFA, les médias sociaux et Twitch, évidemment. Le “média idéal” en question selon Farhan Ahmed, Strategic Partnerships Director de la plateforme, grâce à ses “trois notions centrales”, “le live, l’interactivité et les communautés”.

Pour tenir la cadence, le petit écran innove. L’objectif : faire vivre le sport différemment et toucher de nouveaux publics.

Aux Etats-Unis, la NFL en est un bon exemple. Cette année encore, elle a confié la diffusion d’un match à la chaîne Nickelodeon, plus connue pour ses programmes pour enfants. Une diffusion pas comme les autres. Les plus jeunes fans ont ainsi pu découvrir le visage de Bob l’Éponge en réalité augmentée entre les poteaux, tout en s’amusant du slime virtuel craché par des canons dans la zone d’en-but.

Il y a une grosse demande pour le contenu sportif à destination des enfants et des familles”, explique Brian Robbins, directeur de la chaîne. Effectivement, l’année dernière, le match entre les Saints et les Bears avait été le programme le plus regardé de Nickelodeon depuis quatre ans…

Dans l’Hexagone également, on fait face en se réinventant. À l’image de France TV qui a dernièrement investi le métaverse via un ESI. Un “Espace Social Immersif”, accessible gratuitement sur VRChat. Avec son casque de VR, le téléspectateur peut ainsi visiter le studio de Stade 2. Et pratiquer des activités virtuelles variées, du biathlon au bobsleigh !

Début février, ce sont d’ailleurs les avatars de Matthieu Lartot et Dimitri Yachvili qui avaient présenté le tournoi des VI Nations depuis un plateau virtuel.

En 2021, aux Etats-Unis, 95 des 100 émissions en direct les plus regardées à la télé étaient des événements sportifs”, constatait Bob Chapek, le patron de Disney, il y a quelques semaines. Sport et télé, le mariage a encore de beaux jours devant lui !

UNE DIFFUSION PLUS FLUIDE QUE JAMAIS

Twitch… nouveau supporter de la Ligue Nationale de Handball
Second Spectrum, pour personnaliser “sa” NBA

52. C’était, en pourcentage, la proportion de millennials qu’intéressait l’idée d’utiliser les médias sociaux comme plateforme de diffusion pour les événements sportifs… en 2018.

Depuis ce rapport de Deloitte sur l’engagement des fans, la transformation s’est accélérée. Il y a quelques mois, une autre étude dévoilait que 28% de l’audience générée par le sport aux Etats-Unis provenait désormais des plateformes de streaming, contre 24% aux diffuseurs traditionnels. En cause ? L’évolution des outils technologiques, d’une part ; la crise du COVID, d’autre part.

Dernièrement, c’est la Ligue Nationale de Handball qui a annoncé un partenariat avec Twitch. “Un moyen de rajeunir l’audience”, explique Bruno Martini, président de la LNH. Au programme de la chaîne dédiée : émissions hebdomadaires, débrief de l’actu et multiplex le vendredi soir. “Nous avons des images et des contenus de qualité qui intéressent les fans de sport présents sur la plateforme. Avec l’exposition que va nous offrir notre nouveau supporter officiel, nous touchons un nouveau public et accélérons notre développement.” L’objectif ? Atteindre les 50 000 abonnés d’ici la fin de la saison.

Mais l’intérêt des plateformes de streaming pour les événements sportifs réside aussi dans leur agilité et leur capacité à s’inscrire dans un système où le fan manage sa propre expérience. Dans un rapport de juillet 2020, Sports Innovation Lab parle de “Fluid Fan”. “Les fans ne s’assoient plus devant leur télé pour regarder leur sport préféré”, détaille Ranajit Gangopadhyay, Digital Strategist chez Intel. “Ils veulent voir l’action de tous les angles possibles et choisir quel joueur regarder, quel match suivre. La clef pour gagner et conserver l’intérêt du “Fluid Fan”, ce sera la technologie qui lui donnera le plus de contrôle possible.”

Cette technologie, c’est ce que propose Second Spectrum aux suiveurs de la NBA. Via son smartphone, en pointant ce dernier sur le match, le fan choisit ses modes : tactiques avec les schémas en cours ; statistiques avec les probabilités qu’un joueur score ; ludique, avec un contenu animé en réalité augmentée, du panier qui prend feu lorsque Harden ou Doncic dunkent à l’apparition de mascottes sur le terrain.

Une façon de personnaliser son propre show sportif… Jusqu’à en devenir partie prenante ? Et pourquoi pas !

METAVERSE : AU-DELÀ DU RÉEL

Un Virtual Etihad Stadium à Manchester pour engager les fans
► L’Australian Open vend des carrés de ses courts dans son metaverse

Le futur est proche. À quel point ? On ne le réalise pas tout à fait. Mais il faut bien un pléonasme pour décrire, en peu de mots, ce que l’avenir réserve de bouleversements dans cet univers… comme dans d’autres. C’est ainsi que Jean-Baptiste Alliot, Chief Strategy Officer chez LaSource, décrit le metaverse et son incidence à venir : “Le web 3.0 et le metaverse sont en train de cristalliser notre entrée dans la quatrième révolution industrielle, que caractérise une fusion des technologies qui rend poreuse la frontière entre les sphères physiques, digitales et biologiques.”

Parce que cette révolution est proche, les acteurs de l’industrie du sport l’anticipent, participant ce faisant au mouvement qu’elle commande. C’est ainsi que le club de Manchester City est devenu, début décembre dernier, un pionnier en Premier League en créant son enceinte virtuelle, le Virtual Etihad Stadium, en partenariat avec Sony. Si ce stade virtuel doit être une réplique exacte de l’enceinte des Sky Blues, il veut surtout devenir “un point d’accès à des expériences virtuelles uniques pour les fans”. Un monde à part entière qui doit offrir “expériences virtuelles, avatars customisables et programmes de fidélité”.

Ces expériences virtuelles, l’Australian Open, qui a vu Rafael Nadal triompher dernièrement, les a concrétisées. Cette année, Tennis Australia a en effet recréé le site de son tournoi dans le metaverse, via la plate-forme Decentraland. Les fans ont ainsi pu acheter un NFT correspondant à une portion de 19×19 cm des différents courts virtuels. Le principe ? Le dernier impact de chaque balle de match permettait à l’heureux propriétaire de la portion en question de gagner différentes dotations virtuelles et physiques. En outre, équipé de son casque de VR, chacun pouvait se balader dans un méta-Melbourne Park, découvrir différents contenus exclusifs, interagir avec des joueurs… tout en restant chez soi, à des milliers de kilomètres.

Mieux, en NBA, c’est du parquet des Brooklyn Nets lui-même que les supporters ont pu assister à une rencontre. De n’importe où sur le terrain, du rond central ou sous le panier, dans leur “Netaverse” ! Et si, une fois le match terminé, ils pouvaient visiter la boutique officielle virtuelle ou le musée de la franchise ?

BLOCKCHAIN ET NFT : DES TERRITOIRES À EXPLORER

Une carte Sorare de Ronaldo vendue 400 000$
► Acheter la victoire de Van Aert sur les Champs-Elysées

Les NFT font désormais partie de notre culture et, s’ils ne survivront pas tous, nous verrons à coup sûr des projets qui garderont de la valeur pour les siècles à venir.” Cette sentence, plus qu’un simple pronostic, a quelque chose d’une annonce prophétique. Il faut dire que Nicolas Julia, co-fondateur et CEO de Sorare, tient de la pythie des temps modernes : lui a d’ores-et-déjà fait le pari que la passion du sport se jouerait sur un nouveau terrain : virtuel.

En créant Sorare, il a exploité les spécificités de la blockchain pour réinventer le concept de la carte Panini en l’intégrant dans un univers de Fantasy Football. Ces cartes 2.0, des vignettes de joueurs virtuelles, correspondent, chacunes, à un NFT, un Non-Fongible Token, dont la rareté fait évidemment la valeur et dont l’authenticité et la traçabilité sont garanties par la blockchain. Une carte unique de Cristiano Ronaldo aurait ainsi été vendue, il y a quelques semaines… l’équivalent de 400 000$ en cryptomonnaie. Et les clubs comme les joueurs se trouvent évidemment intéressés au titre du droit à l’image.

Avec le NFT, la rareté digitale devient une réalité. En cyclisme, le Belge Wout Van Aert a mis en vente ses trois plus grandes victoires sur la plateforme OpenSea : les Champs-Elysées, le Ventoux et les Strade Bianche. Ceux qui les ont achetées – pour un total de 47 000€ – sont devenus les heureux propriétaires de ces NFT, sans contestation possible. Ils ont reçu, en plus de la signature digitale de leur acquisition, une œuvre en format EPS, une vidéo haute-qualité de la victoire en question et un message personnalisé du coureur. La trajectoire future de Van Aert donnera, qui sait, encore plus de valeur à ces NFT, nourrissant une possible spéculation… et de futures royalties pour le cycliste et son équipe.

Cet énorme marché en perspective contribue à l’attractivité de l’économie du sport. Et c’est aussi pour cela que le groupe BPCE, qui investit dans les fintechs, a mis en place un fonds dédié à l’économie du sport, le DNCA Global Sport Equity. Oui, le marché mondial du sport, qui pèserait 1 110 milliards de dollars, a de très belles perspectives devant lui !

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